Gouvernance au féminin et médias sociaux selon Vicki-May Hamm

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Transparence et proximité

Pour la Mairesse de Magog, chaque plateforme est utilisée différemment. Twitter sert pour des nouvelles; une visite de Ministre, par exemple. Ce sont surtout les médias qui suivent la mairesse sur Twitter. Facebook permet davantage la connexion avec les gens, avec Monsieur et Madame toutlemonde. Elle a deux pages Facebook, sa page personnelle et sa page professionnelle. Mais elle est plus active sur sa page personnelle. Cela lui permet de briser l’image publique inaccessible et de voir l’humain. « Les gens ont tendance à oublier qu’il y a la femme qui a des enfants et une vie en dehors de la politique. » Les médias évoluent. Vicky tourne maintenant des capsules de 2 minutes diffusées sur Utube, un média qui a la cote.

Les médias sociaux, c’est l’ancien parvis de l’Église

Les médias sociaux permettent d’être très accessible. « Avant on disait : moi ma porte est toujours ouverte », mais ce n’est pas si évident pour le citoyen de se présenter spontanément à l’Hôtel de ville et encore faut-il que la Mairesse soit présente à ce moment.

Les médias sociaux brisent la barrière de la timidité ou la peur de déranger. Par exemple, des élèves qui préparent un article osent lui écrire directement, et Vicki-May Hamm accepte avec plaisir de leur accorder une entrevue.

Les médias sociaux peuvent avoir une grande utilité. La Mairesse pose parfois des questions ouvertes aux citoyens et peut aller chercher le pouls de la population alors qu’elle n’a pas toujours l’occasion de faire des sondages. Cela permet d’éclairer sa prise de décision.

L’autre côté de la médaille

D’entrée de jeu, Mme Hamm dit qu’elle ne pourrait pas se passer des médias sociaux.

Ceci dit, l’un des mauvais côté est la gestion du temps qu’elle y consacre.

Elle se discipline : le matin et le midi. Elle répond elle-même aux 5000 personnes qui la suivent sur Facebook.

Dans les grandes villes, les élus ont du personnel politique, mais au Québec on retrouve une très grande majorité de petites villes, qui ne disposent pas de ces ressources.

Un autre inconvénient ce sont les dérapages, qui peuvent aller aussi loin que des menaces de mort. Les Trolls agissent sous des pseudonymes et aiment provoquer. Ils commentent des articles en diffusant souvent de fausses informations. « J’ai appris avec le temps d’attendre avant de répondre », dit la Mairesse. Souvent il y a une autorégulation. Les dérapages peuvent ainsi être maitrisés sans devoir intervenir.

« Mais parfois, il faut répondre. On a pas le choix ».

Elle s’autorise à censurer les commentaires qui ne sont pas acceptables sur sa page Facebook. «Un jour, j’ai ressenti le besoin de faire une mise au point en disant que ma fonction n’était pas d’être le punching bag. Après avoir dit cela, j’ai reçu une véritable vague d’amour et de très nombreux commentaires appuyant mon intervention ». Même si on ne fait pas des médias sociaux pour cela, on peut le prendre dit-elle avec le sourire, surtout qu’elle vient de recevoir le prestigieux prix Francine-Ruest-Jutras par l’UMQ pour sa contribution au développement durable des communautés. La vague est donc très puissante!

Les conseils de Vicky

  • Choisir ses combats.
  • Bien réfléchir à chaque intervention faite dans les médias sociaux.
  • Choisir ses mots. Demander conseil à des spécialistes, au besoin, surtout en période de campagne.
  • Faire attention aux émotions.

Même si elle ne veut pas prendre de décisions sur cette base uniquement, elle admet que les commentaires, qu’elle prend le temps de lire soigneusement ont une valeur pour elle. Elle est également attentive au nombre de personnes rejointes.

Vicki-May Hamm a appris à maitriser les médias sociaux « sur le tas », avec l’aide de ses adolescents, qui étaient habiles avec ce type de médias comme tous les jeunes. Elle suit de la formation et lit continuellement sur le sujet.

Une lecture proposée :

« On ne peut plus rien dire », Le militantisme à l’ère des réseaux sociaux, Judith Lussier

https://www.editions-cardinal.ca/livres/essai/on-peut-plus-rien-dire-15126

La mairesse de Magog se nourrit de plusieurs groupes dans l’actualité municipale, dont ceux sur les femmes et démocratie locale et les ambassades.